Abbé Louis Cochet

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Louis Cochet est né le 21 février 1887 au 11 de la rue qui porte aujourd'hui son nom. Il est l'aîné d'une famille de trois garçons dont le père est maçon.

Après avoir été remarqué par le curé de la paroisse, il part au petit séminaire de Dijon

.Exempté de service militaire pour raisons de santé, il devient prêtre très jeune à l'âge de 23 ans.Il exerce à Billey (de1910 à 1923) ,il remplace entre 1914 et 1919 le vicaire de Seurre mobilisé lors de la première guerre mondiale puis il est nommé à Lux (1924).

Cette même année il devient professeur au petit séminaire de Flavigny-sur -Ozerain où il enseignera la philosophie durant quinze années. Il quitte Flavigny pour le grand séminaire de Dijon où d'autres tâches viennent s'ajouter à celle de l'enseignement. De santé fragile et fatigué par ses activités, il obtient la cure de Couchey le 27 octobre 1940.

Pour l'abbé Cochet, le travail pastoral et la réflexion philosophique sont indissociables. Au risque d'entrer en conflit avec sa hiérarchie, il rédige de nombreux articles traitant de pédagogie et d'éducation religieuse, de la philosophie chrétienne et de ses rapports avec la science. Avant la guerre, il écrit deux livres qui ne sont pas publiés.

Son image d'intellectuel, doux, affable, très courtois portant des lunettes cerclées était en opposition avec le rôle d'homme d'action qu'il a joué dans la résistance.

En effet, dès le début de l'occupation alors qu'il est curé de Couchey, il adresse des clandestins à son frère André qui habite à Mont-les Seurre et qui organise des passages de la ligne de démarcation. L'abbé Cochet est même un des premiers à intégrer le Front national de libération de la France qui s'organise en Côte-d'Or dès la fin de 1941 ou au début de 1942.

Mais ses multiples activités de résistant finissent par attirer l'attention de la Gestapo qui l'arrête le 27 janvier 1944. Enfermé à la prison de Dijon, il est transféré le 19 avril à Paris puis, à l'automne, au KL Natzwiller où il est classé comme déporté politique qu'il faut faire disparaître sans laisser de trace.

Son calvaire se poursuit en Silésie en passant par un séjour à la prison de Brzeg puis il est déporté au KL Gross-Rosen.

Sa santé chancelante ne lui permet pas de résister aux conditions de vie épouvantables des déportés. Il meurt au coeur de l'hiver polonais le 23 décembre 1944, veille de la Nativité.

 

Photo et texte extraits du livre "1939-1945 SEURRE ET SES ENVIRONS DANS LA TOURMENTE" de Gérard Michéa et Tifenn Chauvin